Sous le rocher

Blog des émissions de radio "Sous le rocher, le homard", "Pas plus haut qu'le bord", et divers reportages audios. Photos et reportages sur le Venezuela

25 avril 2009

Serge le boulanger

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Autour « du fournil du Pinson », se joue une fable singulière qui pourrait s’intituler «le blé, la farine et le boulanger». Chaque vendredi, dans sa ferme toulousaine, Serge pétrit à la main, façonne et vend son pain. A la belle saison, ses copains agriculteurs viennent chez lui vendre leurs productions, dans l’esprit des AMAP. Et quand le soleil commence à décliner, clients et amis reviennent pour partager le repas, juste avant que ne commence le spectacle. Car, l’association fait venir des artistes mondialement inconnus. Des musiciens chanteurs à vocalises sans fin, des conteurs d’histoires surnaturelles et épouvantablement délicates, des jongleurs à nez rouge, des amuseurs pour public avisé, des danseurs unijambistes ou des comédiens magiciens. Le pain n’est que prétexte pour la rencontre et la rêverie. Le pain n’est que le lien entre les gens… et ça marche.



10 avril 2009

Rwanda, il y a 15 ans, le génocide

Portrait croisé de deux femmes rwandaises

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Balbine et Marie-Chantal sont rwandaises. L'une est Hutu, l'autre Tutsi. Toutes deux sont sur les routes de l'exil. Récit d'un génocide, espoir d'une nouvelle vie...

Il y a quelques années, j'avais réalisé ce petit reportage à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, dans un lieu qui accueille les demandeurs d'asile. Le hasard avait voulu que je rencontre ces deux femmes rwandaises, une Hutu, l'autre Tutsi, deux femmes, une seule souffrance. Chacune tenait l'enfant de l'autre sur ses genoux, naturellement. Pour ne pas parler de races, les européens ont trouvé plus propre d'inventer des ethnies qui se seraient fait la guerre depuis des millénaires. Il était ainsi plus aisé d'expliquer pourquoi les Hutus détestaient les Tutsis, à moins que ce ne soit l'inverse. Aussi, au temps "bêni des colonies", comme le chantait un pauvre type, la France a su utilement jouer un groupe contre un autre et inventer un racisme etnique bien pratique.

A leurs manières, Balbine et Marie-Chantal invalide la thèse ethnique pour ne retenir que le massacre, que l'injustice et que la manipulation. Chacune fuyant la mort, dans un instinct de survie qui les a amené jusqu'en France, terre d'accueil, terre d'asile. Jusqu'à quand...?

30 octobre 2008

Quand la souffrance est plus grande

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Mardi, rendez-vous à la radio sociale de Petare pour présenter l’ergonomie. Après avoir été quelque peu importuné par la police qui cherchait visiblement à améliorer l’ordinaire en tentant le coup avec un petit français, peine perdu, mes poches étaient quasiment vides, me voilà enfin au studio. Emission bien menée, des interlocuteurs de qualité, attentifs et connaisseurs en matière de conditions de travail : Luis, spécialiste de la question au sein du ministère du travail et Carlos, chargé de mission au sein du ministère de l’environnement. Une bonne émission donc…

Après l'émission, pour repartir, en compagnie de Luis, nous prenons alors le métro à la station Petare, du nom d’un des plus grands bidonvilles de Caracas. Selon les chiffres, autour de deux millions d’habitants. Petare, un bidonville où la violence est aussi légendaire. Sur le quai nous échangeons sur le travail, la santé des travailleurs, quand un crie retentit, et là j’aperçois une jeune fille qui vient de se jeter sous les rames du métro. Je l’aperçois furtivement alors qu’elle est recroquevillée entre les rames du métro, puis disparait le temps que le métro se stabilise. Deux femmes sont là à mes côtés épouvantées, en larmes. Luis qui a vu la scène en totalité m’indique que les deux femmes étaient avec la jeune fille.

La foule s’avance pour voir la tragédie, pendant que nous partons traumatisés par cet acte insensé. Comme une trainée de poudre, l’information parcours la gare, et de toutes parts, les gens accourent par curiosité. Je n’ai jamais compris cette curiosité macabre. Peut-être s’agit-il d’une sorte de besoin de se confronter à la mort pour s’en convaincre, pour la voir et la rendre plus humaine. Peut-être pour savoir si la personne fait partie d’une de ses connaissances…

Mais pourquoi se suicider de la sorte ? D’après certaines études canadiennes, le suicide dans le métro se fait proche de chez soi, dans une station proche. Faut-il y voir la volonté d’exprimer quelque chose de singulier à sa famille ? On remarque aussi que ce sont souvent des personnes à faibles revenus. Et ici, à Petare, la misère est toujours présente. Pendant des années, cette population était totalement abandonnée par l’Etat, aucun service public, aucune aide de quoi que ce soit, aucun avenir, aucun horizon possible. Avec le développement des missions d’alimentation, de santé, d’éducation notamment, la misère s’est amenuisée, mais la pauvreté existe toujours très largement. Faut-il voir chez cette jeune fille l’acte désespéré d’une représentation d’un horizon bouché ? Nous ne le saurons jamais.

Mais pourquoi le métro ? Cette manière de se donner la mort est d’une rare violence, d’abord elle se fait devant les voyageurs, comme si la personne voulait montrer au monde entier son désespoir, l’inscrire dans la mémoire collective. Il semble aussi que ce genre de suicide ne soit pas impulsif, mais réfléchi, prémédité. D’ailleurs, souvent, la personne tire la sonnette d’alarme et annonce son désir de mettre fin à ses jours. Dans les quartiers populaires, plus qu’ailleurs encore, les possibilités de prendre en charge cette détresse sont quasi inexistantes. Ce genre d’acte, renvoie à la destruction corporelle, à la mutilation. Il ne peut être compris sans le rapport au corps. Et on sait qu’au Venezuela, le corps joue un rôle important dans le psychisme de jeunes filles. Nombres d’entre elles rêvent de chirurgie esthétique. Et puis la mutilation, notamment l’automutilation, indique une volonté de punition, et surtout le besoin d’être entendu. Par le geste autodestructeur, il s’agit de calmer sa souffrance. Se suicider en se jetant sous les rames d’un train est peut-être le stade ultime, où l’individu ne trouve plus aucune issue, où la souffrance ne peut être apaisée,  seule la mort le permet…

 

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20 octobre 2008

Pour Jacques

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Les géants sont fragiles. Pieds d’argile et cœur léger. Tu es parti le 23 septembre. Quelques jours auparavant, tu m’avais encouragé à suivre la voie de l’ergonomie dans ce Venezuela en mutation. Tu voyais une continuité de votre travail initié il y quelques années, en Afrique, avec mon autre frère Francis, lui aussi avalé par le crabe... putain de crabe!

La route est longue, Jacques, mais je vais tâcher de la suivre pour amener l’ergonomie dans ce pays de la révolution bolivarienne, dans ce pays où les travailleurs, là aussi, perdent leur vie à essayer de la gagner. Je vais sur tes traces, sur celles de Francis. L’ergonomie est une science, avec ses connaissances, ses savoirs indispensables, mais d’abord, ses convictions, ses combats acharnés pour le bien être au travail. C’est le seul horizon. Celui que tu as toujours suivi.

Pionnier de cette science, tu as formé des ergonomes, tu t’es confronté sans cesse au terrain, au travail des femmes et des hommes, tu as écrit, tu as poussé la réflexion toujours plus loin. Tes questions, tes recherches se poursuivent encore. Il y aura toujours des femmes et des hommes qui travaillent, il faudra toujours se battre pour la dignité humaine dans le travail, ton vrai combat Jacques. Utopie, rêve, l’ergonomie est fait de ça aussi …

Posté par popoff à 00:23 - Venezuela - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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26 décembre 2007

Du son, du sens et du sensible (reportages)

Les amoureux qui se bécottent...

Sur les berges de la Garonne, à Toulouse, alors que le soleil scintille encore, les amoureux échangent quelques baisers...

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