Sous le rocher

Blog des émissions de radio "Sous le rocher, le homard", "Pas plus haut qu'le bord", et divers reportages audios. Photos et reportages sur le Venezuela

24 mai 2009

Un étrange métier de corps

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Le 18 mars 2003, Sarkozy, alors ministre de l'intérieur faisait passer la Loi de sécurité intérieure qui fit du racolage passif un délit. En 2005, Sarkozy était déjà en campagne, il jouait toujours à nous faire peur.
En 2005, grâce à l'association Grisélidis de Toulouse, je pus prendre contact avec une femme qui exerçait un "métier de corps", comme elle le nommait. Rachel, exerçait ce métier depuis 20 ans et dans un bar toulousain me livrait un peu de sa vie, un peu de son intimité.

04 mai 2009

Gronde la rue...

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1er mai 2009, les rues de nos villes, une fois encore se sont remplies, une fois encore, le silence assourdissant de notre gouvernement, de son omniprésident, résonne comme autant d'insultes. Les Molex étaient en tête de cortège à Toulouse, suivis par des nouveaux sur ce terrain-là : les Freescales, anciens Motorola, et déjà futurs chômeurs.

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Olivier Besancenot et Myriam Martin, au nom du NPA, quelques jours auparavant venait soutenir les salariés de Molex, à Villemur-sur-Tarn, juste après une autre insulte, celle de leur directeur, Marcus Kerriou, qui s'est fendu de la déclaration suivante : "tout est piloté de l’extérieur car il y a un décalage entre le professionnalisme avec lequel est géré la communication et le niveau intellectuel de certains salariés". Depuis que la droite s'est décomplexée, les patrons ne se gênent plus...

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Parfois, on se demande comment la non-violence fait pour tenir le coup, face à la violence d'un gouvernement qui brade les services publics et qui arrose ses clients du MEDEF. Comment les travailleurs qui se retrouvent au chômage, parce que l'entreprise dans laquelle ils travaillent rappatrie sa production ou "externalise" ses services, histoire de faire des bénéfices plus importants, retiennent que quelques heures leurs dirigeants, alors que c'est leur vie qui est brisée ?

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Comment face à la violence d'un système économique à l'agonie, les salariés et les citoyens conservent encore leur calme ?

La question est peut-être jusqu'à quand ?

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25 avril 2009

Serge le boulanger

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Autour « du fournil du Pinson », se joue une fable singulière qui pourrait s’intituler «le blé, la farine et le boulanger». Chaque vendredi, dans sa ferme toulousaine, Serge pétrit à la main, façonne et vend son pain. A la belle saison, ses copains agriculteurs viennent chez lui vendre leurs productions, dans l’esprit des AMAP. Et quand le soleil commence à décliner, clients et amis reviennent pour partager le repas, juste avant que ne commence le spectacle. Car, l’association fait venir des artistes mondialement inconnus. Des musiciens chanteurs à vocalises sans fin, des conteurs d’histoires surnaturelles et épouvantablement délicates, des jongleurs à nez rouge, des amuseurs pour public avisé, des danseurs unijambistes ou des comédiens magiciens. Le pain n’est que prétexte pour la rencontre et la rêverie. Le pain n’est que le lien entre les gens… et ça marche.

18 avril 2009

Le stigmate de pute

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Un gars, c’est un jeune homme,
Une garce, c’est une pute.
Un courtisan, c’est un proche du roi,
Une courtisane, c’est une pute.
Un masseur, c’est un kinésithérapeute,
Une masseuse, c’est une pute.
Un coureur, c’est un joggeur,
Une coureuse, c’est une pute…
Il y en a comme ça une pleine page. Tirés de « langue de pute, ou les subtilités de la langue française », ces quelques vers sont publiés par le Planning familial, qui a ainsi voulu montrer combien les mots étaient porteurs de préjugés, et finalement, renvoyaient à la représentation de la femme dans notre société.

A Toulouse, plusieurs associations travaillent auprès des prostitué-e-s, filles, garçons ou transexuels. Elles les écoutent, les aident et parfois les défendent dans des affaires de justice, notamment depuis que la loi Sarkozy sur le racolage passif fait de ces personnes des délinquants en puissance.
Isabelle est salariée de l’association Grisélidis. Son discours n’est pas lisse, ni même consensuel. Fustigeant les « putophobes » de tous ordres, autant que les apôtres des maisons closes, elle construit son argumentation avec précision. On sent chez cette femme une détermination sans faille. Les mots sont distillés pour faire mouche, les armes sont affûtées pour le combat, à l’instar de la marraine de l’association. Dans les années soixante dix, Grisélidis Réal, « courtisane » et écrivain à succès, occupait les églises et manifestait dans les rues pour la défense des prostitué-e-s. Grisélidis Réal est décédée en mai 2005. Aujourd’hui, Isabelle suit le même chemin et part en guerre contre les préjugés, contre le stigmate de pute.
Le mot est lâché comme un missile. Il touche son but. A la question « quelle formation est nécessaire pour travailler dans votre association ? », la réponse fuse sans virgule « je suis prostituée de formation ». Et là, tout se joue dans le regard, dans le plissement nerveux de la commissure des lèvres. Le stigmate de pute s’affiche en miroir sur le visage interloqué du journaliste. Et Isabelle d’enchainer immédiatement « le stigmate de pute, c’est quand on s’étonne que votre expérience de prostituée ne puisse pas être considérée comme une véritable expérience. Le stigmate de pute, c’est ce regard surpris, ce sourire gêné ». Balle au centre !

Pour lutter contre cette stigmatisation, Isabelle assume son ancienne activité, sans tabou. Après tout, pourquoi avoir honte d’une activité imposée au titre des « bénéfices non commerciaux » par le Ministère des finances. Isabelle ne veut nier en aucun cas ce travail, même pas quand elle décide de passer à autre chose. C’est à Toulouse auprès du CIDF qu’elle se présente comme prostituée en activité, cherchant à  se reconvertir. « On veut absolument que les prostituées se réinsèrent, comme si on était en dehors de la société. Je préfère parler de reconversion professionnelle. Mes collègues, souvent, taisent leur activité. Elles se retrouvent alors comme des pièces de puzzle disloquées, obligées de bricoler avec une fausse histoire. Certaines ne disent même pas à leur gynécologue qu’elles sont prostituées ».
Pour cette femme de conviction, le « métier » de prostituée renvoie à des compétences. « On imagine la prostituée en train d’écarter les jambes, d’absorber une prétendue misère sexuelle des clients… on ne croit pas qu’elle développe des compétences commerciales, psychologiques, d’écoute et de gestion des conflits. En fait, les prostituées sont bien plus normales que ce que l’on imagine ». Isabelle avoue en être au début de sa réflexion, mais déjà elle sent bien que la personne ne peut exister en tant que sujet, que dans l’acceptation de son histoire singulière.

Le stigmate de pute est bien plus qu’une haine ordinaire.  « Le stigmate de pute est un fouet qui sert à battre toutes les femmes et à les remettre au pas ». La prostitution est en effet généralement pensée au féminin, et dans une société patriarcale, la femme doit rester à sa place. Isabelle va plus loin encore : « la putophobie est le dernier rempart pour ne pas aborder le vieux tabou de le femme et du sexe. En effet, ce qui est insupportable dans notre société, c’est que la femme puisse choisir sa sexualité. Ce que les gens ne peuvent admettre, c’est que la prostituée choisit son client et l’homme avec lequel elle monte. Et surtout, elle ne s’implique pas dans l’acte sexuel. Pour elle, il n’est pas besoin de passer par la case sentiment. Le vagin sert, sans le cœur ! ».


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Grisélidis Réal (1929-2005)

Née à Lausanne en 1929, Grisélidis Réal a passé son enfance en Égypte et en Grèce. Après la mort de son père, alors qu’elle a huit ans, Grisélidis revient à Lausanne. Entreprenant des études à l’École des arts décoratifs de Zurich, elle tente de vivre comme artiste-peintre. Divorcée, mère de quatre enfants, elle commence à se prostituer en Allemagne pour survivre, au début des années 60, avant de devenir, la décennie suivante, une « catin révolutionnaire » très active dans les mouvements de prostituées lyonnaises et parisiennes, qui émergèrent au milieu des années 70. Co-fondatrice d’un Centre international de documentation sur la prostitution et d’une association genevoise d’aide aux prostituées (ASPASIE), elle a participé à de nombreux colloques ou manifestations sur le sujet. Elle est morte en mai 2005 à la suite d’un cancer.
Grisélidis Réal est l’auteur de Carnet de bal d’une courtisane et du roman autobiographique Le noir est une couleur (Balland, 1974 ; Verticales, 2004). La passe imaginaire, correspondance de Grisélidis Réal avec Jean-Luc Hennig, a paru chez Manya en 1992, puis en Presses-Pocket (1993, épuisé). Il sort chez Verticales avec le second volume inédit des lettres de Grisélidis Réal à Jean-Luc Hennig, Les sphinx.


10 avril 2009

Rwanda, il y a 15 ans, le génocide

Portrait croisé de deux femmes rwandaises

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Balbine et Marie-Chantal sont rwandaises. L'une est Hutu, l'autre Tutsi. Toutes deux sont sur les routes de l'exil. Récit d'un génocide, espoir d'une nouvelle vie...

Il y a quelques années, j'avais réalisé ce petit reportage à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, dans un lieu qui accueille les demandeurs d'asile. Le hasard avait voulu que je rencontre ces deux femmes rwandaises, une Hutu, l'autre Tutsi, deux femmes, une seule souffrance. Chacune tenait l'enfant de l'autre sur ses genoux, naturellement. Pour ne pas parler de races, les européens ont trouvé plus propre d'inventer des ethnies qui se seraient fait la guerre depuis des millénaires. Il était ainsi plus aisé d'expliquer pourquoi les Hutus détestaient les Tutsis, à moins que ce ne soit l'inverse. Aussi, au temps "bêni des colonies", comme le chantait un pauvre type, la France a su utilement jouer un groupe contre un autre et inventer un racisme etnique bien pratique.

A leurs manières, Balbine et Marie-Chantal invalide la thèse ethnique pour ne retenir que le massacre, que l'injustice et que la manipulation. Chacune fuyant la mort, dans un instinct de survie qui les a amené jusqu'en France, terre d'accueil, terre d'asile. Jusqu'à quand...?

26 décembre 2007

Du son, du sens et du sensible (reportages)

Les amoureux qui se bécottent...

Sur les berges de la Garonne, à Toulouse, alors que le soleil scintille encore, les amoureux échangent quelques baisers...

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