31 octobre 2008
Un peu de beau
Parce que la vie alterne entre le beau et le moins beau, ce
message juste pour le plaisir. Et même si ces images prisent sur la plage de
Santa Fé, sur
Et puis « il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien », comme l’affirme Théophile Gautier. Alors vive l’inutilité, juste un regard qui cherche à capter l’image fugace d’une beauté éphémère. Allez savoir pourquoi la beauté est toujours éphémère. Peut être parce que notre œil n’est pas toujours enclin à capter le beau des situations quotidiennes, parce l’esprit est ailleurs, dans des considérations terriennes, dans des matérialismes sévères. Juste laisser son œil quitter son esprit, juste quelques secondes, et là, au coin de la rue, entre sable et palmier, surgit le beau, dans son inutilité essentielle.
Même le grand Platon, lui-même, associait le beau au vrai et au bien, comme une des idées les plus élevées. Alors, laissons-nous aller à la futilité de la contemplation, et rapprochons-nous du vrai et du bien, quoi de mieux, finalement.
30 octobre 2008
Quand la souffrance est plus grande
Mardi, rendez-vous à la radio sociale de Petare pour présenter l’ergonomie. Après avoir été quelque peu importuné par la police qui cherchait visiblement à améliorer l’ordinaire en tentant le coup avec un petit français, peine perdu, mes poches étaient quasiment vides, me voilà enfin au studio. Emission bien menée, des interlocuteurs de qualité, attentifs et connaisseurs en matière de conditions de travail : Luis, spécialiste de la question au sein du ministère du travail et Carlos, chargé de mission au sein du ministère de l’environnement. Une bonne émission donc…
La foule s’avance pour voir la tragédie, pendant que nous partons traumatisés par cet acte insensé. Comme une trainée de poudre, l’information parcours la gare, et de toutes parts, les gens accourent par curiosité. Je n’ai jamais compris cette curiosité macabre. Peut-être s’agit-il d’une sorte de besoin de se confronter à la mort pour s’en convaincre, pour la voir et la rendre plus humaine. Peut-être pour savoir si la personne fait partie d’une de ses connaissances…
Mais pourquoi se suicider de la sorte ? D’après certaines études canadiennes, le suicide dans le métro se fait proche de chez soi, dans une station proche. Faut-il y voir la volonté d’exprimer quelque chose de singulier à sa famille ? On remarque aussi que ce sont souvent des personnes à faibles revenus. Et ici, à Petare, la misère est toujours présente. Pendant des années, cette population était totalement abandonnée par l’Etat, aucun service public, aucune aide de quoi que ce soit, aucun avenir, aucun horizon possible. Avec le développement des missions d’alimentation, de santé, d’éducation notamment, la misère s’est amenuisée, mais la pauvreté existe toujours très largement. Faut-il voir chez cette jeune fille l’acte désespéré d’une représentation d’un horizon bouché ? Nous ne le saurons jamais.
Mais pourquoi le métro ? Cette manière de se donner la
mort est d’une rare violence, d’abord elle se fait devant les voyageurs, comme
si la personne voulait montrer au monde entier son désespoir, l’inscrire dans
la mémoire collective. Il semble aussi que ce genre de suicide ne soit pas
impulsif, mais réfléchi, prémédité. D’ailleurs, souvent, la personne tire la
sonnette d’alarme et annonce son désir de mettre fin à ses jours. Dans les
quartiers populaires, plus qu’ailleurs encore, les possibilités de prendre en
charge cette détresse sont quasi inexistantes. Ce genre d’acte, renvoie à la destruction corporelle, à
28 octobre 2008
SACOSAL, le sel de la honte
Araya, Etat de sucre, produit un sel naturel qui
représente 60% de la consommation vénézuélienne. Ce petit village qui vit au
rythme de la pêche et de la production de sel, est pourtant un lieu
stratégique, à l’instar du fort Santiago de Léon de Araya, construit par les
espagnols de 1623 à 1665. De l’autre côté du golfe de Cariaco, au sud, c’est la
ville de Cumaná, capitale de l’Etat de Sucre, de plus de 330 000 habitants,
lieu du pouvoir, notamment de son gouverneur, Ramón Martínez, directeur de SACOSAL.
Cumaná, en pleine animation politique, depuis le lancement de la campagne
électorale municipale et régionale. Cumaná dont le gouverneur est accusé
de « mauvaise gestion » par ses propres salariés, parfois même, et
l’euphémisme n’est pas de mise, de corruption.
SACOSAL (Servicio Autónomo Complejo Salinero) est la société qui exploite le précieux sel. Et comme partout dans le monde, ce sont d’abord les travailleurs qui font prospérer l’entreprise. Mais depuis deux semaines, la prospérité de l’entreprise est sérieusement remise en question par les 467 travailleurs qui font grève. Une grève illimitée, dont l’objectif est de bouleverser en profondeur tout le fonctionnement de la dite entreprise. Bien sur, l’augmentation des salaires fait partie d’une des principales revendications (salaire actuel, environ 1000 Bolivares, soit quelques 300 euros). Un salaire minimum qui ne convient plus aux salariés, du fait d’une inflation galopante. Et puis le sentiment qu’on les prend vraiment pour des moins que rien, pour de pauvres types capables simplement de travailler et de se taire. Que nenni, la grève a été votée à plus de 350 personnes sur les 467, une large majorité. Bien sur, les temps sont durs, et il faut trouver les moyens de survivre durant cette période. La solidarité s’organise.
La police est là aussi, prête à intervenir à la moindre anicroche, elle veille ou elle attend les ordres, c’est selon. Les ouvriers sont unis, discutent, échafaudent des stratégies pour récupérer leur entreprise. En fait, l’objectif est de tenir jusqu’au 23 novembre, date des élections, dans l’espoir qu’un nouveau gouverneur soit élu, un gouverneur du PSUV, le parti de Chavez. Pour tenir, ils ont créé un syndicat, proche du Président, allez savoir pourquoi ? Un syndicat qui n’est pas à la botte de l’actuel Gouverneur. Etrange ambiance…
Pour changer en profondeur la structure de l’entreprise, ils ont construit un montage simple, d’après José, le leader syndical ; l’entreprise serait co-gérée par trois entités, une entité Etat-Région, une entité PDVSA, qui prendrait en charge la partie investissement, et inutile de dire que la charge est lourde, et une partie travailleurs. Entreprise stratégique, du fait de l’importance du sel dans l’alimentation, il est cohérent que l’Etat et la région aient leur mot à dire. L’argent est entre les mains de l’entreprise phare et nationalisée pétrolière, PDVSA, donc il lui échoie d’investir dans la modernisation des salines. En gros, il faut tout démolir et tout reconstruire… Comment ? Peut-être en faisant intervenir des ergonomes! Et puis, au pays du socialisme du XXIème siècle, il s’agit de considérer que les travailleurs sont adultes, intelligents et capables de prendre des décisions pour leur propre compte et pour la pérennité de leur outil de travail.
Ambiance.
D’abord, il faut marcher, sous un soleil de plomb, les Caraïbes, ça se mérite. Ensuite, il faut trouver les contacts de José et Augustin. L’entrée de l’entreprise est bloquée, grève oblige. La police est en faction. Gilets pare-balles, fusils à l’épaule, munitions en bandoulières, et casque vissé sur un crâne préparé pour donner l’assaut. J’interpelle le premier ouvrier venu, portant un tee-shirt rouge, et mentionnant le nom du gouverneur de leur choix, un chaviste de surcroit. « Vous connaissez un José ou un Augustin ? » « Rentre camarade ». Le mot de passe était visiblement le bon. En quelques instants je suis présenté aux deux hommes et de m’expliquer en quelques mots l’agitation du moment. Agitation qui n’est pas nouvelle, en mai-juin, déjà une grève avait bousculé l’entreprise et l’inspection du travail et son organisme de tutelle, Inpsasel (Instituto Nacional de Prevención, Salud y Seguridad Laborales) avaient épinglé les ahurissantes exagérations quant aux conditions de travail de l’entreprise. Quelques remontrances, de plates excuses du Gouverneur, et rien ne bouge... comme d’habitude.
Je découvre alors l’étendu du problème, je mesure en quelques coups d’œil l’incroyable situation dans laquelle ces gars-là travaillent. Une centaine d’ouvriers sont rassemblés aux abords d’un immense hangar servant d’entrepôt de sacs de sel, avant l’expédition. Le sel, par nature sensible à l’humidité, est posé à même un sol humide, de terre battue. Le toit d’éverite est brisé par endroit, et des morceaux jonchent le sol, laissant présumer l’éventualité d’accidents. José, m’entraine un peu plus loin pour me montrer la machine servant à ficeler les sacs. Et là, je n’en crois pas mes yeux, le système tient avec des bouts de ficelles, le convoyeur est entrainé par des poulies rouillées au point qu’on a du mal à imaginer qu’elles puissent entrainer quoique ce soit. Mais le clou du spectacle, ce sont les armoires électriques, et tout le système électrique qui suit. A l’air libre, aux quatre vents et bien sur exposé à la pluie, violente en cette saison, les câbles trainent au sol ou sont en partie dénudés. Combien d’accidents électriques y a-t-il eu ? Les murs des bâtiments sont tous en ruine, s’effritent et tombent par pans entiers. Tout est totalement rouillé et la blague qui court consiste à laisser entendre qu’un pot de peinture ferait bien l’affaire. Quand l’insécurité règne en permanence, l’humour est une arme nécessaire.
La visite se poursuit vers la lagune mère, là
où le sel se fabrique naturellement, là où sont les principales installations.
L’entrée est bloquée, mais accompagné des travailleurs, j’ai mon passeport. Une
immense lagune d’eau saumâtre s’offre à moi, jonché ça et là de barges à sel
englouties par l’eau et abandonnées. Paysage de désolation qui ne fait
qu’accentuer l’idée d’insécurité du travail. Paysage de sel blancs, de
bâtiments à moitié effondrés et de rouille. Ici, pas un élément métallique
n’est rongé par le sel. Chaque barre, essieu, roulement, machinerie, garde-corps,
est mangé par la rouille, dévoré au point qu’on distingue avec difficulté
chacun des éléments qui constitue le moteur d’entraiment de la vis sans fin qui achemine le sel. Et
pourtant dans ces installations à demi en ruine, sur ces escaliers vibrants, sur
ces machines d'un autre temps, des hommes travaillent tous les jours. Certains ouvriers
affirment qu’il ne se passe pas un jour sans qu’un accident ait lieu. Bien sur,
aucun chiffre, ici, on se tait. Plus maintenant.
Une échelle incertaine conduit en haut d’une sorte de mirador, en fait, le poste de contrôle des salines, où on peut visualiser l’ensemble de la lagune et le transfert du sel vers le broyeur. Un fauteuil, pas vraiment louis-Philipe, attend l’ouvrier de quart. Une armature tubulaire et des lanières de plastique, voila pour le confort de base. La structure métallique affiche des ondulations rares, des craquellements dissonants, des déchirures vertigineuses, des sculptures d’une modernité singulière ; l’art brut et brutal. La fragilité de l’ensemble donnerait à l’édifice une certaine beauté s’il ne s’agissait d’un lieu de travail, où le danger se dissimule derrière chaque pas. Agencement de métaux en décomposition, de béton en décrépitude, de boue, les salines d’Araya s’apparentent davantage à un bagne qu’à un lieu de travail digne et humain.
20 octobre 2008
Pour Jacques
Les géants sont fragiles. Pieds d’argile et cœur léger. Tu es parti le 23 septembre. Quelques jours auparavant, tu m’avais encouragé à suivre la voie de l’ergonomie dans ce Venezuela en mutation. Tu voyais une continuité de votre travail initié il y quelques années, en Afrique, avec mon autre frère Francis, lui aussi avalé par le crabe... putain de crabe!
La route est longue, Jacques, mais je vais tâcher de la
suivre pour amener l’ergonomie dans ce pays de la révolution bolivarienne, dans
ce pays où les travailleurs, là aussi, perdent leur vie à essayer de
Pionnier de cette science, tu as formé des ergonomes, tu t’es confronté sans cesse au terrain, au travail des femmes et des hommes, tu as écrit, tu as poussé la réflexion toujours plus loin. Tes questions, tes recherches se poursuivent encore. Il y aura toujours des femmes et des hommes qui travaillent, il faudra toujours se battre pour la dignité humaine dans le travail, ton vrai combat Jacques. Utopie, rêve, l’ergonomie est fait de ça aussi …
13 octobre 2008
“La déclaration de Caracas”
PConferencia Internacional de Economía Política : Respuestas del Sur a la Crisis Económica Mundial (8-11 octobre 2008)
Cette semaine, au CIM (Centre International Miranda), j’ai pu assister, comme simple auditeur, mais attentif et studieux, à une conférence d’économie politique des plus enrichissante. Alors que la crise économique et financière occupe tous les esprits dans les pays riches, comme dans les pays pauvres, ici, à Caracas, nous parlions et analysions en direct cette même crise. Chaque heure, des informations sortaient, rendant plus inquiétant que jamais le contexte présent. Chaque heure, des déclarations des États, des responsables de banques, des bourses. Chaque heure, des chiffres qui tombent, toutes les bourses qui s’écroulent, le dollar qui redevient monnaie refuge alors que la crise vient précisément des États-Unis. Chaque heure, des incohérences rendues publiques et analysées par les économistes du congrès.
Semaine folle, incroyable. Semaine de fraîcheur, d’inquiétude, d’excitation. Semaine où l’Histoire s’écrit au présent. Oui, n’ayons pas peur des superlatifs, cette conférence internationale d’économie politique, inscrite dans la conjoncture de la crise économique et financière mondiale, avait quelque chose de prémonitoire et de prospectif.
Prémonitoire, car l’invitation de plus de trente conférenciers internationaux, tous économistes de renom, reconnus pour leurs travaux, économistes, bien sûr venant de la gauche – après tout, le concert de louanges du capitalisme ne cesse depuis près d’un demi siècle – alors, une fois n’est pas coutume, il fallait considérer l’autre approche. Une telle conférence se prépare à l’avance, et il y a trois ou quatre mois, le CIM ne pouvait imaginer l’ampleur de la crise d’aujourd’hui, même si les signes de celles-ci existent depuis de nombreuses années.
Prospectif aussi, car au-delà des analyses du système capitaliste et de ses logiques néo-libérales et impérialistes, les éminents spécialistes ont présenté des alternatives, des réponses, réponses de nature économiques bien sur, mais d’abord et avant tout politiques. Longtemps, dans les salons feutrés des ministères, des hémicycles, ou des bureaux des multinationales, l’économie n’était envisagée que comme une science, presque exacte, où la main invisible du marché faisait son œuvre, le politique n’ayant rien à faire dans cette affaire. Les médias s’en sont fait l’écho, arrivant même à faire passer « libéralisme » comme un synonyme de liberté, laissant croire aux électeurs incrédules que Sarkozy allait leur donner plus de pouvoir d’achat…
Mercredi matin, premier jour de la conférence, dans l’école de la planification. L’introduction se fait par deux poids lourds de l’économie, Eric Toussaint (Belge) et Claudio Katz (Argentin), à mon sens les meilleurs, puis le Ministre de l’économie équatorien, Pedro Páez Pérez, puis le Ministre de la Planification et du développement du Venezuela, Haïman El Traoudi, l’oreille de Chávez. Et puis, pendant l’allocution d’Haïman, on sent une agitation, le Ministre s’interrompt à plusieurs reprises pour répondre à son téléphone portable - mal poli à l’évidence - d’autant que toute la conférence est retransmise en direct sur plusieurs chaines de télévision. Des militaires arrivent, se postent à divers endroits du site, des hommes en cravates et avec des mallettes étranges observent avec un air sévère toutes l’assemblée réunie dans ce grand amphithéâtre. Que se passent-ils, Bush attaque, lance son armée contre son plus dangereux ennemi ? Les gens se regardent, tournent la tête d’un côté, de l’autre. Chacun s’interroge et semble perplexe.
Respuestas del Sur cierre
envoyé par Radioaporrea
Haïman reprend le micro et annonce la visite impromptue et rapide du Président. Applaudissements, Hourra, la foule en délire. Et quelques minutes plus tard, Chávez « en vivo » avec son treillis vert et son tee-shirt rouge-révolution prend la parole, pour une intervention improvisée de… 3 heures. OUI, 3 heures d’explications politiques et économiques sur la crise financière et d’expliquer que les réserves de l’État vénézuélien, qui étaient, comme toutes les réserves des pays d’Amérique Latine, dans les caisses des banques nord américaines, ont été rapatriées depuis quelques années au Venezuela. Et de nous raconter, anecdote à l’appui, comment Fidel, son ami, lui a donné les clés pour rapatrier l’argent du pays. C’est donc grâce à Castro que l’argent du Venezuela est à l’abri de l’effondrement financier. Je n’avais jamais vu Chávez en vrai. Merde alors, ce type a un charisme à hérisser le poil de n’importe quel imberbe. Il est très fort, et connaît vraiment bien ses sujets.
Jusqu’à samedi fin d’après-midi, les économistes se sont succédés en présentant un bilan dramatique du capitalisme et en proposant des alternatives. Toutes ont tourné autour du socialisme du XXIème siècle, se substituant au capitalisme, même celui prôné par la social-démocratie européenne (le PS français, par exemple) qui vise la réforme et non la rupture. La crise actuelle, telle est une des conclusions, est une crise structurelle et non conjoncturelle. Samir Amin (Egypte) a dressé un bilan des plus dramatiques, prévoyant un avenir de guerres, car les USA sont déjà dans cette logique, une logique de survie de leur civilisation, laquelle est à l’agonie. Il propose même, dans le principe de l’équilibre des forces, que les pays du Sud se dotent de l’arme nucléaire. Évidemment, là, certains s’y sont opposés, moi aussi (même si je n’avais pas la parole).
Cette conférence s’est donc achevée samedi très tard pour un groupe d’économistes qui avait en charge de transmettre à Chávez les conclusions, et les alternatives. J’ai eu le sentiment de vivre l’Histoire en direct. Peut être, comme pour la conférence de Bandung, en 1955, des pays non alignés, assistons-nous à une réelle révolution. Et cette déclaration pourrait s’appeler « la déclaration de Caracas ». Suite à cela, Chávez devrait rencontrer l’ensemble des Présidents Latino-américain, pour discuter et éventuellement signer cette déclaration. Je vous le dis, même si en Europe on n’en parle pas, cette déclaration est une bombe…
Vivre l’Histoire, c’est un peu y être.
Pour avoir l’intégralité du texte, il faut aller sur le site d’aporrea :
Declaración Final. Conferencia Internacional de Economía Política: Respuestas del Sur a la Crisis Económica Mundial
http://www.aporrea.org/internacionales/n122156.html
07 octobre 2008
Museo de arte contemporaneo de Caracas
06 octobre 2008
Beauté et soin du visage au Venezuela
La beauté est une valeur rassurante, au Venezuela, comme ailleurs. Et les personnalités les plus en vue dans le pays, celles qui fréquentent les plus hautes sphères du pouvoir n'y échappent pas. Parmi ces personnalités, il y en a une qui n'assume toujours pas sa part de féminité. Pourtant, comme tout un chacun, il aime prendre soin de "son petit corps dodu", aux dires de Pamela. Il aime se faire bichonner, enlever ces points noirs disgracieux. Mais, allez savoir pourquoi, il ne veut pas que ça se sache. Alors, moi, en bon copain, j'ose cet instant intime, afin qu'il revienne parmi nous, les simples gens du peuple. Petite séance de thérapie pour Yannick!
01 octobre 2008
El Recreo, temple du consumérisme
Ici, comme dans de nombreux pays, les centres commerciaux sont florissants. Si en Europe, ils font partie de notre vie quotidienne, s’ils sont rentrés dans les habitudes de chacun, au Venezuela leur importance est d’autant plus étonnante que la population dans sa grande majorité ne peut s’offrir les produits exposés derrière les vitrines. A Caracas, il y a le plus grand centre commercial de toute l’Amérique latine, le « Sambil ». Plusieurs étages, une vraie pieuvre qui étend ses tentacules dans toutes les directions. Sur une surface de 42 000 m2, le « Sambil » a ouvert ses portes à Caracas en 1999. D’autres « Sambil » ont été crée à Valencia, Margarita, Maracaibo, San Cristobal, et Barquisimeto. Un deuxième est en construction sur Caracas dans le quartier « Candelaria ». On y trouve en autres Zara, Graffitti, Wendys, Mc Donalds…
Malgré un faible pouvoir d’achat de la grande majorité de la population, ces temples de la consommation sont bondés du matin au soir. On se marche littéralement dessus, on ne sait où regarder tant les jolies filles viennent exposer leurs atours les plus ostentatoires à la vue de tous. On vient au centre commercial pour se rencontrer, pour se montrer, pour draguer. Bref, le centre commercial remplace la place de nos villages. Et pour cause, dans les grandes villes, les vieux centres urbains de l’époque coloniale ont soit disparu, soit sont devenus des lieux marginaux de toute activité sociale. Ce qui surprend, c’est d’un côté la chaleur des gens, leur capacité à t’embrasser dès le premier jour, à te toucher, à t’appeler « amor » ou « querido », et en même temps l’absence de lieux de sociabilité. Ce n’est pas encore le cas dans les villages plus reculés et plus petits.

























