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Les géants sont fragiles. Pieds d’argile et cœur léger. Tu es parti le 23 septembre. Quelques jours auparavant, tu m’avais encouragé à suivre la voie de l’ergonomie dans ce Venezuela en mutation. Tu voyais une continuité de votre travail initié il y quelques années, en Afrique, avec mon autre frère Francis, lui aussi avalé par le crabe... putain de crabe!

La route est longue, Jacques, mais je vais tâcher de la suivre pour amener l’ergonomie dans ce pays de la révolution bolivarienne, dans ce pays où les travailleurs, là aussi, perdent leur vie à essayer de la gagner. Je vais sur tes traces, sur celles de Francis. L’ergonomie est une science, avec ses connaissances, ses savoirs indispensables, mais d’abord, ses convictions, ses combats acharnés pour le bien être au travail. C’est le seul horizon. Celui que tu as toujours suivi.

Pionnier de cette science, tu as formé des ergonomes, tu t’es confronté sans cesse au terrain, au travail des femmes et des hommes, tu as écrit, tu as poussé la réflexion toujours plus loin. Tes questions, tes recherches se poursuivent encore. Il y aura toujours des femmes et des hommes qui travaillent, il faudra toujours se battre pour la dignité humaine dans le travail, ton vrai combat Jacques. Utopie, rêve, l’ergonomie est fait de ça aussi …