Sous le rocher

Blog des émissions de radio "Sous le rocher, le homard", "Pas plus haut qu'le bord", et divers reportages audios. Photos et reportages sur le Venezuela

28 août 2008

La bête s'éveille...

De loin, dans la brume grise de poussières, on pourrait croire que la bête dort. SIDOR est calme. Le soleil tape déjà fort à 8h du matin. SIDOR dort... en apparence.

IMG_6506

IMG_6509

Quelques hommes s'agitent, luttant désespérément contre les éléments. Vain combat, arme dérisoire.

IMG_6527

De l'acier sous toutes les formes, et des hommes qui s'affèrent toujours.

IMG_6536

IMG_6537

IMG_6530

Heureusement, pour le repos des travailleurs, il y a toujours quelques vendeuses aux sourires malicieux, empanadas, arepas, boissons fraiches et autres friandises.

IMG_6551

IMG_6553

IMG_6563

IMG_6549_2

Dans l'antre du monstre, tout n'est que tubes, acier, ferraille en tout genre, tout n'est que poussière. La chaleur moite des tropiques devient ici fournaise. Le fracassement de la matière empêche toute conversation, les yeux communiquent comme ils peuvent à travers les lunettes de protection. La tête couverte d'un casque, la bouche enfermée dans un masque de coton... dérisoire protection. La bête gronde...

IMG_6599

IMG_6600

IMG_6601

Les hommes semblent se cacher pour se protéger du monstre. Au dessus d'eux, le métal en fusion diffuse sa chaleur insoutenable. Petit, ici, chacun est tout petit.

IMG_6618

IMG_6621

La main habile malgré l'insupportable combinaison, malgré ce feu intense qui arrache au corps toute son énergie. la main qui sait et qui s'applique pour connaître la nature de cette pâte d'acier...

IMG_6624

IMG_6626

Posté par popoff à 23:21 - Venezuela - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :


22 août 2008

Beau gosse

Il est pas beau mon pote yannick, juste sous l'entrée des nouvelles boutiques des "Buhoneros"

caracas_08_08_07_003

caracas_08_08_07_002

Posté par popoff à 18:20 - Venezuela - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

21 août 2008

Complexe Venezuela

Voilà bien un pays en transformation, et bien avisé celui qui pourrait dire où tout cela va aboutir. Le manichéisme ici est plus que jamais à bannir. On ne peut raisonnablement porter un jugement définitif. La politique de Chavez ne peut se raconter en quelques mots. Aucun résumé n'est envisageable pour peu que l'on veuille vraiment tenter d'y voir clair. Inutile de rappeler les avancées sociales indéniables, visibles et dont chaque vénézuéliens peut rendre compte (sauf à faire partie de la classe des riches, des possédants, qui pour autant n'ont pas perdus leurs privilèges...). Les avancées sont là.340x Néanmoins, les discussions avec les syndicalistes permettent de dresser un bilan actuel beaucoup plus mesuré. Le socialisme n'a pas encore gagné les entreprises, et les conditions de travail restent toujours extrêmement difficiles. Les relations entre les directions des entreprises et les représentants du personnels complexes, les relations sociales à l'intérieur même des entreprises sont toujours aussi subordonnées à la volonté des puissants. Bref, les conceptions marxistes ne s'appliquent pas vraiment au monde du travail. Un paradoxe, quand on entend à longueur de journée les propos des leaders politiques, des ministres ou même du président. Des mots qui ne trouvent pas encore de concrétisation sur le terrain. Un paradoxe, un danger aussi pour la suite du processus révolutionnaire. Les ouvriers risquent se sentir lâchés par le gouvernement, et demain qui sait s'il ne lâcheront pas aussi leur président, laissant l'opposition de droite reprendre le pouvoir. Et là, le chemin risquerait de se refaire à l'envers...
Colada_1
Beaucoup de paroles donc, beaucoup d'envie de mettre en place un vrai socialisme où le travail soit considéré pour ce qu'il est, pour ceux qui le réalisent. Que manque-t-il ? D'après les syndicalistes, et d'autres militants de gauche, c'est la bureaucratie qui est présente partout. L'administration ne trouve pas les moyens pour appliquer les lois qui existent et qui sont de qualité. La corruption est partout et les contre-pouvoir bien vite étouffés. Néanmoins, et le paradoxe est là, chacun veut que cela change, mais le pays est dans un tel état de désorganisation qu'on ne sait par où commencer.
Pour tenter d'y voir un peu plus clair, la semaine prochaine, peut être, je vais pouvoir aller dans l'entreprise SIDOR, la 4e plus grande aciérie d’Amérique latine, dans l’État de Bolivar.  Le 9 avril dernier, le gouvernement d’Hugo Chavez, a annoncé la nationalisation de SIDOR. Il faut juste rappeler que c’est en 1997 que fut privatisé SIDOR, sous la présidence Caldera. Evidemment cette renationalisation ne s'est pas faite aisément. C'est comme toujours : à la suite d'une lutte des salariés.
Pour autant, aujourd'hui, la situation est bien complexe, les méthodes de management, de travail, les relations sociales à l'intérieur de l'entreprise ne semblent pas avoir vraiment bougées. C'est ce que je vais essayer de voir et de comprendre. La route est longue...

Posté par popoff à 23:29 - Venezuela - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

19 août 2008

La plage, le sable, le soleil... et les filles

Bon, je vous l'accorde, ça fait un peu cliché. "ya du soleil, ya des nanas, laï, laï, li la dada...", un peu voyage club med. Et pourtant, en ce mois d'août, les vacanciers sont aussi très largement vénézuéliens. Ici, c'est la période des vacances scolaires comme en France, alors, ici aussi les plages sont remplies de touristes "locaux". C'est vrai, on trouve aussi des étrangers, quelques routards reconnaissables à leur dégaine peu engageante, à leurs jeans déchirés, à leurs cheveux longs et crasseux. Bref, une image très idyllique des pays dit "développés".
Les vénézuéliens, ont quant à eux deux semaines de congés annuels. C'est encore peu, mais par les temps qui courent qui sait si sous le ciel français, le mot "congé" ne rimera pas avec « feignant ».

 

cours_de_danse_avec_yannick_015

 

C’est principalement le week-end que sortent les caraqueños. Les vendredis soirs et les samedis matins, tous les terminaux de bus se retrouvent envahis par une foule bruyante. Une fourmilière grouillante s’anime de façon désordonnée. Ça crie à tout rompre des « Maracaï, maracaï », des « San felipe, san felipe », des hommes à la voix puissante se jettent sur les futurs passagers pour les inciter à choisir telle ou telle compagnie. Ici, il y a le choix, les autobus sont soit modernes et climatisés, avec obligation de prendre  bonnet de montagne, écharpe et duvet hivernal, soit les bus colorés fenêtres ouvertes, banquettes explosées et remplissage garantie.

 

cours_de_danse_avec_yannick_008

 

Plages « orientes », à l’est de Caracas. A quelques deux heures trente de la capitale, le bus s’arrête à la ville de Higuerote. De là, il faut prendre un autre bus local pour accéder aux différentes plages. Le tout Caracas populaire se retrouve là pour la journée, le plus souvent. Le voyage est vraiment bon marché, et même les plus pauvres des caraqueños peuvent se payer le voyage. Les gens viennent en famille, apportant avec eux tout le nécessaire. Une glacière entière pour la bière, une autre pour le pick-nique. Et sur la plage étroite, pas vraiment la place pour s’allonger. Sur des kilomètres, des tables, des chaises et des parasols qu’il faut louer à la journée pour avoir le plaisir de profiter de l’ombre et des odeurs de poissons grillés, bananes plantains cuites et autres mets délicats qui dégagent leurs effluves fines tout au long de la journée. Inutile de préciser que ces plages sont pour le moins remplies de détritus divers.

Loin de moi l’idée de laisser entendre que les vénézuéliens sont sales, ce serait tellement facile. Mais il est inutile, pour comprendre ce pays, d’en dessiner une image rêvée, spécialement par les européens. L’évidence c’est que la question environnementale est très éloignée des préoccupations de la population, du gouvernement aussi. En Europe, l’écologie commence à peine à sortir de son ghetto idéologique. L’éducation sur cette question est encore très parcellaire, la prise de conscience est chaotique. Alors que dire dans un pays où la première préoccupation est d’accéder à un niveau de vie satisfaisant. Les gens ne comprennent pas l’importance de ne pas laisser trainer les détritus. Comment le pourraient-ils, alors que chez eux, dans les barrios, il n’y a pas de service de récoltes des ordures, rarement des réseaux d’assainissement, que l’eau est souvent absente. Chacun se débrouille comme il peut pour évacuer ses ordures… Les choses avancent mais l’Etat a été tellement absent durant ces 60 dernières années, que le travail est considérable. Ce pays est avant tout un pays urbain, la ruralité est très minoritaire, alors les bidonvilles n’en finissent pas de croître.

C’est avec tous ces paramètres contradictoires que l’Etat doit jouer son rôle. Et bien sur, l’Etat est un concept qu’il convient aussi de pondérer. L’administration est souvent déficiente, la corruption est toujours présente, la bureaucratie a quitté certains lieux et s’est réinstallée dans d’autres…

Allez, malgré tout cela, il y a du mouvement, il y a la recherche de solutions concrètes, dans les barrios, dans certaines instances gouvernementales. Les infrastructures se développent petit à petit… et puis il y la plage de Choroni !

 

cours_de_danse_avec_yannick_028

 

Ah ! Choroni, voila une destination de rêve, palmiers, sable blanc, eau limpide et chaude. Bon, le week-end, question tranquillité, on a fait mieux, comme Chuao, à quelques 20 mn en lancha (barque) de Choroni. Si vous êtes un garçon, ne soyez pas surpris si vous croisez quelques regards malicieux de… garçons. Ici, c’est la plage « gay » d’après les informations que les habitants m’ont donné. Mais question jolies filles, là aussi, les yeux peuvent aisément s’emplir de toutes ces beautés caribéennes…

cours_de_danse_avec_yannick_026

Posté par popoff à 16:53 - Venezuela - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

10 août 2008

Et maintenant, Venezuela

caracas_08_08_07_021

Me voilà enfin au pays de Bolivar. Venezuela animé et bouillonnant. Venezuela en marche, en transformation. Depuis l'année passée, de nombreuses choses ont bougé ici. Les rues se sont vidées des buhoneros, des vendeurs des rues, qui envahissaient tous les trottoirs, qui vendaient sur un bout de tissu tout et n'importe quoi, de préférences des produits de contrefaçon.
Aujourd'hui, à différents lieux de la ville, le gouvernement a crée des zones légales où se sont installés ces buhoneros. Chacun possède sa petite échoppe. L'économie informelle semble ainsi disparaître peu à peu, en tout cas à Caracas. Il reste néanmoins quelques vendeurs qui tentent de vendre à la sauvette différents objets, jouant à cache-cache avec la police !

caracas_08_08_07_017

Changement notoire, l'inflation galopante. D'après les chiffres officiels, plus de 30% en un an. Et ce qui est marquant, c'est l'augmentation des prix de l'alimentation. Manger dans les petits restaurants, comedors populaires, coûte cher. Il convient de faire attention.

a_renommer_147

Et puis, un scandale, une vraie tragédie pour tous les salseros de Caracas et d'ailleurs, le "Mani" a changé de propriétaire. Ce lieu mythique de la musique salsa, où chaque fin de semaine viennent les caraquenos, a remplacé les musiciens historiques par de nouveaux, visiblement moins brillants. C'est en tout cas l'avis d'un amateur éclairé : el Salsero Yannick. Nouvelle politique et prix en hausse aussi. Bon, il reste le "rajatabla" où la musique reste excellente et l'ambiance délirante.

caracas_by_night_010

Posté par popoff à 01:32 - Venezuela - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :
« Accueil  1