Bon, je vous l'accorde, ça fait un peu cliché. "ya du soleil, ya des nanas, laï, laï, li la dada...", un peu voyage club med. Et pourtant, en ce mois d'août, les vacanciers sont aussi très largement vénézuéliens. Ici, c'est la période des vacances scolaires comme en France, alors, ici aussi les plages sont remplies de touristes "locaux". C'est vrai, on trouve aussi des étrangers, quelques routards reconnaissables à leur dégaine peu engageante, à leurs jeans déchirés, à leurs cheveux longs et crasseux. Bref, une image très idyllique des pays dit "développés".
Les vénézuéliens, ont quant à eux deux semaines de congés annuels. C'est encore peu, mais par les temps qui courent qui sait si sous le ciel français, le mot "congé" ne rimera pas avec « feignant ».

 

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C’est principalement le week-end que sortent les caraqueños. Les vendredis soirs et les samedis matins, tous les terminaux de bus se retrouvent envahis par une foule bruyante. Une fourmilière grouillante s’anime de façon désordonnée. Ça crie à tout rompre des « Maracaï, maracaï », des « San felipe, san felipe », des hommes à la voix puissante se jettent sur les futurs passagers pour les inciter à choisir telle ou telle compagnie. Ici, il y a le choix, les autobus sont soit modernes et climatisés, avec obligation de prendre  bonnet de montagne, écharpe et duvet hivernal, soit les bus colorés fenêtres ouvertes, banquettes explosées et remplissage garantie.

 

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Plages « orientes », à l’est de Caracas. A quelques deux heures trente de la capitale, le bus s’arrête à la ville de Higuerote. De là, il faut prendre un autre bus local pour accéder aux différentes plages. Le tout Caracas populaire se retrouve là pour la journée, le plus souvent. Le voyage est vraiment bon marché, et même les plus pauvres des caraqueños peuvent se payer le voyage. Les gens viennent en famille, apportant avec eux tout le nécessaire. Une glacière entière pour la bière, une autre pour le pick-nique. Et sur la plage étroite, pas vraiment la place pour s’allonger. Sur des kilomètres, des tables, des chaises et des parasols qu’il faut louer à la journée pour avoir le plaisir de profiter de l’ombre et des odeurs de poissons grillés, bananes plantains cuites et autres mets délicats qui dégagent leurs effluves fines tout au long de la journée. Inutile de préciser que ces plages sont pour le moins remplies de détritus divers.

Loin de moi l’idée de laisser entendre que les vénézuéliens sont sales, ce serait tellement facile. Mais il est inutile, pour comprendre ce pays, d’en dessiner une image rêvée, spécialement par les européens. L’évidence c’est que la question environnementale est très éloignée des préoccupations de la population, du gouvernement aussi. En Europe, l’écologie commence à peine à sortir de son ghetto idéologique. L’éducation sur cette question est encore très parcellaire, la prise de conscience est chaotique. Alors que dire dans un pays où la première préoccupation est d’accéder à un niveau de vie satisfaisant. Les gens ne comprennent pas l’importance de ne pas laisser trainer les détritus. Comment le pourraient-ils, alors que chez eux, dans les barrios, il n’y a pas de service de récoltes des ordures, rarement des réseaux d’assainissement, que l’eau est souvent absente. Chacun se débrouille comme il peut pour évacuer ses ordures… Les choses avancent mais l’Etat a été tellement absent durant ces 60 dernières années, que le travail est considérable. Ce pays est avant tout un pays urbain, la ruralité est très minoritaire, alors les bidonvilles n’en finissent pas de croître.

C’est avec tous ces paramètres contradictoires que l’Etat doit jouer son rôle. Et bien sur, l’Etat est un concept qu’il convient aussi de pondérer. L’administration est souvent déficiente, la corruption est toujours présente, la bureaucratie a quitté certains lieux et s’est réinstallée dans d’autres…

Allez, malgré tout cela, il y a du mouvement, il y a la recherche de solutions concrètes, dans les barrios, dans certaines instances gouvernementales. Les infrastructures se développent petit à petit… et puis il y la plage de Choroni !

 

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Ah ! Choroni, voila une destination de rêve, palmiers, sable blanc, eau limpide et chaude. Bon, le week-end, question tranquillité, on a fait mieux, comme Chuao, à quelques 20 mn en lancha (barque) de Choroni. Si vous êtes un garçon, ne soyez pas surpris si vous croisez quelques regards malicieux de… garçons. Ici, c’est la plage « gay » d’après les informations que les habitants m’ont donné. Mais question jolies filles, là aussi, les yeux peuvent aisément s’emplir de toutes ces beautés caribéennes…

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